Sports méca 2026 : ma saison vue du canapé

Gamin, j’entendais les moteurs vrombir tous les dimanches aprèm depuis le salon. Papa scotché devant sa télé, et moi qui pestais parce que je voulais mes dessins animés. Deux décennies plus tard, tiens tiens, c’est moi qui me rue sur Canal+ dès qu’une spéciale de rallye ou une manche de GT démarre.

Bon. 2026 est une cuvée franchement chargée côté sports méca, et j’avais envie d’écrire deux-trois trucs à chaud.

Le morceau de choix de la saison, à mon sens, c’est l’omniprésence de Romain Grosjean chez Canal+. Le gars est sur tous les fronts. Décryptages, plateaux, apartés techniques. Perso ça me plaît, parce qu’il cause comme un mec qui a serré des harnais, pas comme un consultant qui récite ce que la prod’ lui glisse dans l’oreille. Il tacle quand un pilote fait n’importe quoi, il salue quand un ingé sort la bonne stratégie. Ça tranche.

La chaîne a chamboulé plusieurs choses dans sa grille au passage. Le « Samedi sports méca » tient toujours la baraque en rendez-vous fixe. Deux sections, un plateau, des débriefs, des reportages. C’est devenu ma petite messe hebdo. Le format fonctionne bien, même si j’ai le sentiment que la seconde partie part parfois en vrille quand y’a trop d’actualité à caser.

Ce qui me régale cette année, c’est la remontée nette du Japon. Ogura, Katsutsa, les gars alignent les perfs. Et j’ai l’intuition que Le Mans va être attendu avec une ferveur nippone qu’on n’avait plus ressentie depuis un bail. Toyota, Honda, tout l’écosystème derrière… quelque chose se réactive. Les sports méca ça va par vagues, mais là c’est flagrant.

Petite parenthèse un peu déconnectée : quand y’a un trou dans la programmation entre deux séances de qualifs, j’zappe parfois ailleurs pour patienter. Certains sortent au jardin, d’autres se lancent dans la roulette en live sur Dublinbet le temps que la diffusion reprenne. Chacun son occupation.

Un truc qui passe à la trappe quand on discute sport auto, c’est tout le petit monde qui bosse dans l’ombre. Je pense par exemple aux bénévoles genre ASSM dans le Gard. Les mecs et les filles postés à chaque épreuve, prêts à foncer dès qu’un pilote se met en vrac. Sans eux, concrètement, la course n’existe pas. Point. Et pourtant personne n’en cause. Un papier de temps en temps, un remerciement expédié sur le podium, et hop. C’est un peu moche quand j’y pense. Même un site de jeux en ligne récent arrive à valoriser ses équipes mieux que certains organisateurs de course avec leurs bénévoles.

Parce qu’une course, c’est pas juste un baquet et quatre roues. C’est aussi l’équipe médicale plantée à trois mètres du virage flippant. Les commissaires qui agitent les drapeaux à 40°C dans le dos. Ceux qui bouclent les accès pour le public. Un vrai gros mécano humain.

Retour à la télé. Ce que je kiffe cette saison, c’est que Canal ose enfin décloisonner les disciplines. Rallye, endurance, monoplace, tourisme, rallycross. Avant chaque case avait ses frontières hermétiques. Là on sent une porosité entre les formats et pour un spectateur lambda c’est plutôt une bonne affaire. Tu tombes sur un résumé de rallycross alors que tu venais mater de la GT, et tu restes.

Le hic, c’est que la F1 monopolise encore genre 80% de la lumière médiatique. Ça agace un peu les passionnés du reste. Moi le premier. Le WEC, le WRC, les 24h Motos, la MotoGP… c’est d’une richesse hallucinante et pourtant dès qu’un GP F1 se pointe, tout le monde en cause et le reste finit aux oubliettes.

Pour finir, un mot sur les jeunes pilotes tricolores. Y’en a. Ils sont bien là. Mais la thune reste l’obstacle numéro un pour franchir le cap du karting vers les catégories du dessus. Si t’as pas un demi-million derrière toi à 16 balais, tu peux avoir tout le talent que tu veux, tu vas moisir en régional.

C’est ma frustration qui revient sans arrêt. Croiser des mômes surdoués obligés d’arrêter en cours de route parce que les billets ne suivent pas. Pendant que d’autres, moins affûtés mais avec un daron blindé, poursuivent peinards.

Bref. Vivement Le Mans.